Première chose à savoir : tout est marchable. Du port à la tour Blanche, de la mer aux remparts, aucune étape de ce programme ne dépasse trente minutes à pied, et le métro flambant neuf raccourcit ce qui reste. Deuxième chose : ici on ne « fait » pas les monuments entre deux repas ; les repas sont des monuments. Le programme respecte les deux religions locales.
Jour 1, La ligne d'eau
Matin. Petit-déjeuner comme toute la ville : une bougatsa à la crème, écrasée au couteau, dans une des institutions du centre. Puis cap au sud par la place Aristotelous, la grande scène de la ville, ouverte sur le golfe, et le front de mer rénové : 3 km de promenade jusqu'à la tour Blanche, symbole absolu, dont le petit musée raconte la ville étage par étage jusqu'à la terrasse panoramique. Par temps clair, le mont Olympe ferme l'horizon de l'autre côté du golfe, les dieux en voisins.
Après-midi. Remontez vers le musée archéologique (l'or de Macédoine, les couronnes de feuilles de chêne qui semblent peser un souffle) ou, si vous êtes d'humeur flâneuse, les boutiques et cafés de Tsimiski. Soir. Première leçon de tsipouro à Ladadika, l'ancien quartier des huileries aux façades pastel : chaque carafe arrive avec son assiette-surprise, on commande par vagues, on reste des heures.
Jour 2, Byzance, de la coupole aux remparts
Matin. La Rotonde d'abord, à l'ouverture : bâtie vers 306 pour l'empereur Galère, devenue église puis mosquée, elle garde sous sa coupole de 30 mètres des mosaïques d'or parmi les plus anciennes du monde chrétien. À cinq minutes, l'arc de Galère sculpté de campagnes militaires, puis Agia Sofia et sa pénombre dorée du VIIIe siècle. Trois monuments, trois ambiances, zéro file d'attente, le luxe byzantin de Thessalonique.
Midi. Les halles : Modiano rénovée et Kapani la populaire, olives, fromages et tavernes cachées entre les étals, déjeunez là, au coude à coude. Après-midi et soir. Montée dans Ano Poli, la ville haute épargnée par le grand incendie de 1917 : ruelles ottomanes, maisons à encorbellement, puis les remparts et la tour Trigoniou pour le rituel du soir, le couchant sur la ville entière et le golfe, meilleure place gratuite de Grèce du Nord. Redescente dîner dans une taverne de la ville haute.
Les églises byzantines ferment à la mi-journée et demandent des épaules couvertes ; la Rotonde et les sites archéologiques ont des billets à quelques euros. Tout le circuit du jour 2 se fait à pied, mais le retour d'Ano Poli en taxi coûte trois fois rien si les mollets déclarent forfait.
Jour 3, Au choix : la mer ou les dieux
Trois options selon votre humeur, toutes à environ une heure : les plages de Chalcidique (premières criques de la péninsule de Kassandra, eau claire jusqu'en octobre), Vergina et les tombes royales de Macédoine, l'une des grandes émotions archéologiques d'Europe, sous son tumulus , ou le pied du mont Olympe à Litochoro pour marcher dans les gorges de l'Enipeas. Retour en ville pour la dernière soirée : soutzoukakia d'Asie Mineure et une table en terrasse à Valaoritou, où la nuit commence quand Paris se couche.
Les détails qui changent le séjour
Venir : vols directs depuis Paris en ~3 h ; de l'aéroport Makedonia, bus direct vers le centre (~40 min) ou taxi. Se déplacer : tout à pied + le métro neuf pour les distances ; pas besoin de voiture sauf excursions. Payer : carte partout, espèces utiles aux marchés. Le dimanche : marchés fermés, front de mer à son comble, inversez les jours en conséquence. Le mot à connaître : halara, « tranquillement ». C'est le rythme officiel de la ville ; adoptez-le dès l'aéroport.
